La démarche actionnelle

Published on 18 octobre 2010 by in Le CECRL

0

Après l’approche communicative des années 80, nous sommes maintenant, depuis le milieu des années 90, dans une nouvelle approche pédagogique appelée « approche actionnelle ».
> Celle-ci propose de mettre l’accent sur les tâches à réaliser à l’intérieur d’un projet global. L’action doit susciter l’interaction qui stimule le développement des compétences réceptives et interactives.

> La perspective privilégiée est de type actionnel en ce qu’elle considère avant tout l’usager et l’apprenant d’une langue comme des acteurs sociaux ayant à accomplir des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans des circonstances et un environnement donnés, à l’intérieur d’un domaine d’action particulier.
> Si les actes de parole se réalisent dans des activités langagières, celles-ci s’inscrivent elles-mêmes à l’intérieur d’actions en contexte social qui seules leur donnent leur pleine signification. Il y a « tâche » dans la mesure où l’action est le fait d’un (ou de plusieurs) sujet(s) qui y mobilise(nt) stratégiquement les compétences dont il(s) dispose(nt) en vue de parvenir à un résultat déterminé. La perspective actionnelle prend donc aussi en compte les ressources cognitives, affectives, volitives et l’ensemble des capacités que possède et met en œuvre l’acteur social.

> L’usage d’une langue, y compris son apprentissage, comprend les actions accomplies par des gens qui, comme individus et comme acteurs sociaux, développent un ensemble de compétences générales et, notamment une compétence à communiquer langagièrement. Ils mettent en œuvre les compétences dont ils disposent dans des contextes et des conditions variés et en se pliant à différentes contraintes afin de réaliser des activités langagières permettant de traiter (en réception et en production) des textes portant sur des thèmes à l’intérieur de domaines particuliers, en mobilisant les stratégies qui paraissent le mieux convenir à l’accomplissement des tâches à effectuer. Le contrôle de ces activités par les interlocuteurs conduit au renforcement ou à la modification des compétences.

> Est définie comme tâche toute visée actionnelle que l’acteur se représente comme devant parvenir à un résultat donné en fonction d’un problème à résoudre, d’une obligation à remplir, d’un but qu’on s’est fixé. Il peut s’agir tout aussi bien, suivant cette définition, de déplacer une armoire, d’écrire un livre, d’emporter la décision dans la négociation d’un contrat, de faire une partie de cartes, de commander un repas dans un restaurant, de traduire un texte en langue étrangère ou de préparer en groupe un journal de classe.

Les compétences générales individuelles du sujet apprenant ou communiquant reposent notamment sur les savoirs, savoir-faire et savoir-être qu’il possède, ainsi que sur ses savoir-apprendre.

L’approche actionnelle :
Elle  s’intègre dans une stratégie pédagogique qui induit un guidage des apprentissages par la tâche.
Il s’agit de confier à l’élève une succession de missions à l’intérieur de simulations qui forment un tout cohérent.
> Dans l’approche actionnelle, « l’usager et l’apprenant d’une langue sont considérés comme des acteurs sociaux ayant à accomplir des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans des circonstances et un environnement donnés, à l’intérieur d’un domaine d’action particulier. »
> Au cours d’un apprentissage fondé sur une approche actionnelle, l’élève n’est jamais mis en situation de parler pour ne rien dire : « on dit pour faire »
> Tout acte de communication doit avoir du sens pour l’élève pour qu’il éprouve le besoin de s’impliquer dans la communication.

Qu’est ce qu’une tâche langagière ?
Il s’agit d’un projet particulier et bien délimité, une mission qui intègre diverses activités ou actions, dans le domaine de la réalité ou de la simulation de la vie quotidienne ou professionnelle, mobilisant une ou plusieurs activités de communication langagières et aboutissant à un résultat observable.

Qu’est ce qu’une compétence langagière ?
Selon Philippe Perrenoud
« Une compétence est une capacité d’action efficace face à une famille de situations, qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais problèmes. Il y a toujours des connaissances «  sous  » une compétence, mais elles ne suffisent pas. Une compétence est quelque chose que l’on sait faire. Mais ce n’est pas un simple savoir-faire, un «  savoir-y-faire  », une habileté. C’est une capacité stratégique, indispensable dans les situations complexes. La compétence ne se réduit jamais à des connaissances procédurales codifiées et apprises comme des règles, même si elle s’en sert lorsque c’est pertinent. Juger de la pertinence de la règle fait partie de la compétence. »

COMPETENCE, « attracteur étrange » selon Le Boterf emporte dans son champ des concepts voisins mais différents. Attention aux faux-sens et aux emplois douteux, même dans les textes officiels…
HABILITE : activité routinisée, automatisme, souvent sensorimoteur
APTITUDE : disposition innée ou acquise à effectuer des apprentissages spécifiques
CAPACITE : savoir ou savoir-faire vérifiées par des comportements, des productions, des performances (trace évaluative de l’aptitude)
EXPERTISE : compétence dans l’excellence (automatisation, simplification, métacognition)

Comments are closed.